It’s been months. Summer eroded and Fall fell but as the air frosts into winter, I begin packing up my things and preparing for a hiatus. Berlin looms in the Spring and I will spend the wintertime at home in new york. I’im packing up summer clothes to ease the stress of my nearing move out. Deciding some heavy books would be useful to ship home, I carefully packed my most prized piece of literature, Baudelaire’s Les Fleurs du Mal, a 1917 edition that I bought for $2 at my university’s library. As a gesture of goodbye, I cracked the book open for a last time, and was struck with kismet. Perhaps I will keep the book around just a bit longer.
Madrigal Triste
Que m’importe que tu sois sage?
Sois belle! et sois triste! Les pleurs
Ajoutent un charme au visage,
Comme le fleuve au paysage;
L’orage rajeunit les fleurs.
Je t’aime surtout quand la joie
S’enfuit de ton front terrassé;
Quand ton coeur dans l’horreur se noise;
Quand sur ton présent se déploie
Le nuage affreux du passé.
Je t’aime quand ton grand oeil verse
Une eau chaude comme le sang;
Quand, malgré ma main qui te berce,
Ton angoisse, trop lourde, perce
Comme une râle d’agonisant.
J’aspire, volupté divine!
Hymne profond, délicieux!
Tous les sanglots de ta poitrine,
Et crois que ton voeur s’illumine
Des perles que versent tes yeux!
Je sais que ton coeur, qui regorge
De vieux amours déracinés,
Flamboie encor comme une forge,
Et que tu couves sous ta gorge
Un peu de l’orgeuil des damnés;
Mais tant, ma chère, que tes rêves
N’auront pas refleté l’Enfer,
Et qu’en un cauchemar sans trèves,
Songeant de poisons et de glaives,
Éprise de poudre et de fer,
N’ouvrant á chacun qu’avec crainte,
Déchiffrant le malheur partout,
Te convulsant quand l’heure tinte,
Tu n’auras pas senti l’étreinte
De l’irrésistible Dégoût,
Tu ne pourras, esclave reine
Qui ne m’aimes qu’avec effroi,
Dans l’horreur de la nuit malsaine
Me dire, l’âme de cris pleine;
“Je suis ton égale, ô mon Roi!”
-Charles Baudelaire